Un peu de plastique dans votre thé ?


25/09/2019 - 2 mn

Un peu de plastique dans votre thé ?
Excellente source de réconfort lors d’une journée pluvieuse, une bonne tasse de thé pourrait aussi contenir une dose de micro et nanoparticules de plastique provenant du sachet, selon des chercheurs de l’Université McGill. Si les effets sur la santé de l’ingestion de ces particules demeurent inconnus, un nouveau rapport publié dans la revue de l’American Chemical Society, Environmental Science & Technology, porte à croire que d’autres recherches s’imposent.

Les sachets en plastique libèrent des milliards de particules microscopiques dans le thé. Avec le temps, le plastique se désagrège en microplastiques, voire en nanoplastiques. Ces derniers mesurent moins de 100 nanomètres (nm) (le diamètre d’un cheveu humain est d’environ 75 000 nm). Des scientifiques ont déjà détecté la présence de microplastiques dans l’environnement, l’eau du robinet, l’eau embouteillée et certains aliments, mais la professeure de génie chimique à McGill Nathalie Tufenkji et ses collègues se sont demandé si les sachets de thé en plastique qui ont récemment fait leur apparition sur le marché pouvaient libérer de telles particules dans l’eau pendant l’infusion.

Pour répondre à cette question, ils ont acheté quatre thés commerciaux emballés dans des sachets de plastique. Ils ont ouvert les sachets pour retirer les feuilles de thé afin qu’elles n’influencent pas leur analyse. Ils ont ensuite fait tremper les sachets vides dans l’eau chaude pour simuler l’infusion. Au moyen de la microscopie électronique, ils ont constaté qu’un seul sachet de plastique, soumis à la température d’infusion, libérait quelque 11,6 milliards de microplastiques et 3,1 milliards de nanoplastiques dans l’eau. Ces niveaux sont des milliers de fois supérieurs à ceux auparavant détectés dans d’autres aliments.

L’équipe s’est aussi intéressée aux effets des particules libérées sur Daphnia magna, une puce d’eau. Ce petit organisme aquatique sert souvent de modèle dans les études environnementales. Les chercheurs l’ont exposé à diverses concentrations de micro et nanoplastiques provenant des sachets de thé. Les puces d’eau ont survécu, mais elles ont présenté des anomalies anatomiques et comportementales. Selon l’auteure principale de l’étude, la doctorante Laura Hernandez, il faut poursuivre les recherches pour établir si les particules de plastique ont des effets plus subtils ou chroniques chez l’humain.

L’article « Plastic Teabags Release Billions of Microparticles and Nanoparticles into Tea », par Laura M. Hernandez, Elvis Genbo Xu, Hans C. E. Larsson, Rui Tahara, Vimal B. Maisuria et Nathalie Tufenkji a été publié dans la revue Environmental Science & Technology DOI is 10.1021/acs.est.9b02540.


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