Repas de fête : comment mieux respecter le bien-être animal ?


10/12/2019 - 5 mn

Chapon au Champagne, dinde aux marrons, toasts de foie gras ou bisque de homard… L’association Welfarm décrypte pour vous les plats de fêtes et vous donne les clés pour bien choisir vos menus de Noël et bannir les pratiques les moins respectueuses du bien-être animal ! L’objectif de cette opération #PasDansMonAssiette ? Mettre un peu plus d’éthique au menu des fêtes, période souvent sombre pour les animaux d’élevage.
Repas de fête : comment mieux respecter le bien-être animal ?

Le chapon

Un chapon est une volaille mâle castrée sans anesthésie quelques semaines après sa naissance, à la chaîne par l’éleveur ou un prestataire extérieur. L’animal est posé sur une table : il se débat, vocalise, bat des ailes, tente de donner des coups de bec pour s’échapper. On lui attache alors pattes et ailes, puis on incise sa chair au scalpel. La plaie est maintenue grande ouverte avec un écarteur, afin de pouvoir arracher ses testicules à la pince. Parfois, il est nécessaire de faire deux incisions. L’oiseau est ensuite replacé dans un enclos sans aucune prise en charge de la douleur. Le chaponnage fait des milliers de mort chaque année : de stress, de douleur ou à la suite d’infections (1).

Il arrive parfois que la crête et les barbillons soient également coupés à vif. Après quelques semaines d’élevage en claustration ou en plein air, tous les chapons terminent leur courte vie enfermés dans des bâtiments aux densités élevées. La fin de vie des chapons de Bresse est pire encore, puisqu’ils sont confinés pendant quatre semaines dans des cages surpeuplées, elles-mêmes empilées sur plusieurs étages dans un local sombre pouvant regrouper jusqu’à 2 000 oiseaux. Avant cette phase de « finition », les chapons de Bresse sont mutilés une dernière fois : les éleveurs procèdent à un dégriffage à vif. Une vie de souffrance inscrite noir sur blanc dans le cahier des charges de ces chapons dits « festifs ».

Le conseil Welfarm recommande aux consommateurs de ne pas acheter de chapons ni de poulardes - également claustrées à la fin de l’engraissement - et de se tourner vers d’autres volailles fermières label Rouge ou Bio.

La dinde

En France, 97 % des dindes sont détenues en élevage intensif, entassées dans de grands hangars faiblement éclairés, sur une litière souvent sale et humide qui leur brûle la peau. L’air chargé d’ammoniac est source de problèmes respiratoires et d’inflammations des muqueuses. Les conditions de vie inadaptées aux besoins des dindes génèrent des comportements agressifs. Pour limiter les blessures, les dindes sont mutilées : on leur épointe le bec et on les dégriffe sans anesthésie.

Et ce n’est pas tout… Les dindes d’élevage sont issues de souches génétiquement sélectionnées pour grossir très rapidement. En quatre mois, les dindes d’élevage atteignent 11 kilos, alors que leurs cousins sauvages n’en pesaient, à l’origine, que 3,5! Cette prise de poids express est à l’origine de nombreux problèmes de santé, tels que des boiteries sévères, des défaillances cardiaques... Ces animaux sont même tellement gros qu’ils ne peuvent pas se reproduire naturellement. Les mâles reproducteurs sont alors « massés » pour récolter leur sperme et les femelles inséminées chaque semaine.

90 millions de dindonneaux naissent chaque année en France. Un chiffre impressionnant. Les Français consomment en effet de la dinde toute l’année et sous toutes ses formes. Si la période de Noël est propice à l’achat de dinde entière, celle-ci ne représente toutefois que 3 % de la consommation totale. Les Français achètent principalement des morceaux de dinde (75 % des achats) ou des produits transformés (cordons bleus, jambons de dinde…). Il convient donc d’être vigilant toute l’année, car les dindes subissent ces terribles conditions d’élevage, qu’elles soient engraissées pour les fêtes de Noël ou non.

Le conseil Welfarm suggère de privilégier les dindes fermières label Rouge ou Bio.

Le foie gras

4 Français sur 10 refusent d'acheter du foie gras pour des raisons éthiques (Yougov L214 - 2018) et pourtant, ce produit est présent sur la majorité des tables, lors des fêtes de fin d’année. Or, le foie gras sans souffrance n’existe pas. En France, plus de 35 millions de canards mâles sont gavés chaque année : un tube est enfoncé dans leur œsophage, pour déverser dans leur jabot en quelques secondes une quantité démesurée de nourriture. Les canards halètent, régurgitent, suffoquent. Certains souffrent de lésions, voire de perforations de l’œsophage. Leur foie peut atteindre dix fois sa taille normale, ce qui les empêche de se mouvoir et de respirer convenablement.

Si le gavage se poursuivait, les canards mourraient à très brève échéance. De plus, les 35 millions de canetons femelles qui éclosent chaque année sont éliminés par broyage ou gazage, car leur foie est jugé de qualité médiocre. Il faut également savoir que le magret et le confit sont eux aussi majoritairement issus d’oies ou de canards gavés.

Le conseil Welfarm appelle au boycott du foie gras et des autres produits issus du gavage (confit et magret) et propose de les remplacer par des produits Bio comme des terrines d’oie ou de canard.

Le homard

Dans les rayons poissonnerie des supermarchés ou dans certains restaurants, il est courant de voir des aquariums remplis de homards vivants. Après avoir subi le stress de la capture et des longs transports, ils sont stockés dans ces viviers souvent surpeuplés, sans nourriture, les pinces ligotées pour éviter qu’ils ne se battent ou ne se dévorent. Ils seront tués dans des conditions inacceptables. Plongés vivants dans une casserole d’eau bouillante, leur mort sera lente et douloureuse.

Les homards sont des êtres capables d’éprouver stress et douleur : cette pratique est extrêmement cruelle puisqu’ils peuvent agoniser jusqu’à 45 secondes une fois plongés dans l’eau bouillante (2). C’est la raison pour laquelle la Suisse a interdit, en 2018, l’ébouillantage des homards sans étourdissement préalable, indiquant que « les homards devront désormais être obligatoirement assommés, étourdis, ou bien mis à mort de manière « correcte », par incision dans la cage thoracique ou par destruction mécanique du cerveau ».

Le conseil Welfarm proscrit la mise à mort par ébouillantage sans étourdissement préalable et déconseille donc aux consommateurs d’acheter des homards vivants ou d’en consommer dans les restaurants qui ne peuvent garantir des méthodes de mise à mort appropriées.


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