Quantité de poisson, qualité nutritionnelle, additifs... que valent les poissons panés ?


01/04/2019 - 4 mn

Quantité de poisson, qualité nutritionnelle, additifs... que valent les poissons panés ?
En 2016, l'association de consommateurs CLCV avait publié une enquête sur 237 produits à base de poisson en grandes surfaces. Rillettes, hachés, surimis, produits cuisinés, panés, parmentiers et soupes avaient été ainsi passés au crible. Pour cette nouvelle enquête, elle a choisi cette fois-ci de se concentrer sur les poissons panés. Par l’analyse de leur emballage, de leur composition et des signes de qualité, elle a souhaité faire un état des lieux des poissons panés proposés dans les rayons de supermarchés.

La CLCV a donc rendu publique son enquête réalisée sur 42 produits de la catégorie « poisson panés » entre mi-novembre et fin décembre 2018 dans 8 enseignes. Au rayon surgelé au rayon frais, l’offre de poissons panés est si importante qu’il est parfois difficile de faire son choix. Il a été notamment observé des différences de quantité de poisson entre les produits et une qualité nutritionnelle inégale ainsi que la présence de trop nombreux additifs et arômes. Comme dans l'enquête sur 237 plats à base de poisson de 2016, il est a déploré une différence de qualité et de diversité pour les produits ciblant spécifiquement les enfants.

Quantité de poisson : un écart de 35 % à 80 % dans la recette

Le pourcentage de poisson varie dans l’ensemble de l’échantillon de 35 % à 80 % avec en moyenne 63 % de poisson dans la recette mise en oeuvre dans le produit. Comme en 2016 lors de la précédente enquête, on trouve encore malheureusement des produits avec très peu de poisson. Des quantités suffisantes pour que ces produits soient appelés des « poissons panés » ?

L’information donnée au consommateur reste incomplète

Plus de 80 % des références indiquent l’espèce de poisson et la partie du poisson utilisée dans la recette (filets, chair...). Côté origine et méthodes de pêche, l’information est rare. L’origine géographique du poisson est inconnue dans 2/3 des produits étudiés et près de 90 % des panés n’indiquent pas la méthode de pêche. Le logo pêche durable MSC (Marine Stewardship Council) s’affiche sur moins d’un tiers des produits.

Conclusion : pour des consommateurs qui souhaitent avoir le critère de la durabilité, le choix reste encore trop limité.

Qualité nutritionnelle : attention au sel dans certains produits

Il est a regretter que seuls 2 produits mentionnent le Nutri-Score sur leur emballage. Ils ont dû être calculés et les résultats indiquent 9 % des références sont notées C, 43 % A et 48 % B. Si certains poissons panés trouvent leur place dans une alimentation équilibrée, il existe des mauvais élèves. Des produits sont particulièrement salés et représentent le tiers des apports journaliers recommandés en sel en une prise !

Trop d’additifs, d’arômes et de sucres ajoutés

La qualité du produit pané dépend aussi de la présence ou l’absence d’additifs, de sucre ajouté ou d’arômes. 21% des produits de l'échantillon testé contiennent des arômes et 52% des additifs. Pour les produits contenant des additifs, la moyenne interpelle : 3,7 additifs par produit. Dans la liste d’additifs, il y a systématiquement des agents texturants. Dans 98% des références, il y a des ingrédients texturants (hors additifs) comme les amidons, les fécules, le gluten. Est-ce par simplicité que les industriels accumulent les additifs ?

Additifs utilisés et santé : vigilance requise

Il existe peu d’informations sur la nature des amidons modifiés. Or, certains sont controversés (ceux contenant du phosphate ou de l’aluminium). Sur les carraghénanes, il existe à ce jour des données contradictoires quant à leurs effets sur la santé. Il conviendrait donc d’éviter leur utilisation quand cela est possible.

Le E471 ou mono et diglycéride d’acides gras est suspecté de perturber la flore intestinale et de jouer un rôle dans l’inflammation de l’intestin.

Les phosphates E339, E452, sont également controversés. L’ortho-phosphate de sodium ainsi que l’utilisation de différents phosphates (dont les phosphates de sodium et les polyphosphates) doivent être réévalués par l’EFSA (European Food Safety Authority). Ils augmenteraient potentiellement le risque de pathologies cardiovasculaires.

Produits enfants : moins de poisson, moins de filets et une moins bonne qualité nutritionnelle

Les produits ciblés enfants contiennent en moyenne moins de poissons que ceux non ciblés (59% vs 65%). Le poisson s’y présente plus souvent sous forme de chair et non de filet. Les produits enfants présentent une faible diversité, presque tous sont des panés de colin d’Alaska. De manière générale, la qualité nutritionnelle des produits ciblés enfants est moins bonne que celle des produits non ciblés. En moyenne, ils sont 10% plus énergétiques, 14% plus gras et 17% plus salés que les produits non ciblés. Ils sont aussi moins bien notés par le Nutri-Score : seuls 17 % sont notés A contre 53% pour les produits non ciblés.

Pour en savoir plus, télécharger les résultats complets de l'enquête.

SOURCE : CLCV

Autres articles à découvrir

Nourrissez (vraiment) votre corps !