On est foutu, on mange trop !


03/09/2019 - 2 mn

On est foutu, on mange trop !
Que le surpoids et l’obésité soient aujourd’hui devenus un phénomène inquiétant de santé publique est une réalité que personne ne remet en cause. La preuve, on trouve désormais moins de grosso-sceptiques que de climato-sceptiques pour nier l’évidence. C’est dire...

En 2019, un Français sur deux est en surpoids ou obèse et près d’un enfant sur cinq, dès la classe de 3ème, a déjà la mauvaise idée de ressembler à ses parents. Non seulement notre surcharge pondérale s’aggrave mais elle est devenue un marqueur social particulièrement révélateur. Jadis, corpulent et opulent formaient vraiment une rime riche. C’est aujourd’hui avec dénuement que la rime pauvre se scande.

La balance du poids n’est en effet pas celle de la justice : on compte ainsi plus de 30 % d’obèses parmi les femmes ayant un niveau de revenu mensuel inférieur à 450 euros, alors que le pourcentage chute à 7 % chez celles qui disposent de 4 200 euros. Écart également constaté chez les hommes, de façon toutefois moins spectaculaire, avec une fourchette de 9 % d’obèses chez les bobos contre 23 % chez les populos.

Que faire alors ? Les classes les plus favorisées appliquent avec conscience les bons conseils du PNNS, se fient au Nutriscore et se méfient de la sédentarité alors que les plus pauvres accèdent difficilement aux équipements sportifs, à une alimentation saine et diversifiée, à l’éducation nutritionnelle…

Car ce sont eux, les gibiers désignés des régimes miracles dont on nous rebat les oreilles à longueur de tunnels publicitaires. Autant on dégustait avec délice les paroles roboratives du Papa mambo d’Alain Souchon en 1978 à l’heure de la soupe, autant le mantra du Comme j’aime, psalmodié en 2019 par l’ineffable Bernard Canetti aux heures de temps de cerveau disponible, commence à titiller sérieusement notre transit intestinal…

Les 130 millions que l’homme d’affaires a investis en spots TV l’an dernier ont sans doute fait perdre davantage de k€ que de kg aux 200 000 destinataires de ses box faméliques titrant souvent moins de 1 000 calories/jour, grassement facturées et sans aucune valeur éducative. Mais « on est tellement sûr que ça marche » pour lui…

Pour en savoir plus, consulter l'étude de la Drees sur les adolescents plutôt en meilleure santé physique mais plus souvent en surcharge pondérale.


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© Alexandre Glouchkoff, diététicien nutritionniste
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