Les Français et le re-confinement : entre dépression et transgression


19/11/20 Confinement Depression

Tout le monde se souvient de ce lundi 16 mars 2020, date qui figera les Français dans une longue période de confinement. Plusieurs mois après, cette mesure qui vient d’être à nouveau appliquée aux Français fait débat. Mais alors, comment vivent-ils cette nouvelle période de restrictions ? Le moral des Français va-t-il en pâtir ? Pour répondre à ces questions et analyser le moral des Français, Consolab a choisi l’Ifop (*) afin de dresser un état des lieux du confinement vécu par les Français. Résultats.
Les Français et le re-confinement : entre dépression et transgression

L’auto-évaluation de son état de santé psychologique / physique

En ce qui concerne le moral des Français, 16% le qualifient de “mauvais” AVANT le 1er confinement, 20% PENDANT le 1er confinement et enfin 28% PENDANT ce second confinement.

Concernant leurs conditions physiques, 14% des Français la qualifient de “mauvaise” AVANT le 1er confinement, 13% PENDANT le 1er confinement et 14% PENDANT ce second confinement.

L’impact du reconfinement sur la prévalence des troubles psychologiques

38% des Français souffrent de troubles du sommeil depuis l’annonce du second confinement (parmis eux, 31% sont des hommes et 44% sont des femmes).

Niveau stress, nervosité ou anxiété, 27% en souffrent depuis l’annonce du second confinement. Les femmes sont plus sujettes avec 32% contre 21% des hommes.

12% des Français souffrent d’épisodes de dépression depuis l’annonce du second confinement.

La transgression des règles de confinement à des fins sexuelles par les Français confinés en solo

67% des Français confinés sont en couple, qu’ils soient dans le même logement (59%) ou dans des logements séparés (8%).

Depuis la mise en place du reconfinement le 30 octobre, 57% des Français confinés seuls mais disposant d’un partenaire sexuel régulier ou occasionnel ont déjà ou ont l’intention de retrouver un partenaire chez eux ou à son domicile. Principalement les hommes (69%), les jeunes de 18-24 ans (63%) et les célibataires ayant un partenaire occasionnel (68%).

31% ont déjà ou ont l’intention de retrouver un partenaire sexuel dans un lieu public. Principalement les hommes (42%), les 25-34 ans (40%) et les célibataires avec partenaire sexuel (37%).

Le respect des règles de déplacement

6% des Français envisagent de changer de résidence principale d’ici la fin du confinement (4% temporairement et 2% durablement), principalement les jeunes de -25 ans (21%).

60% des Français ont transgressé au moins une fois le confinement depuis le 30 octobre, c’est 27 points de plus par rapport au premier confinement.

Principalement on retrouve le fait d’utiliser à d’autres fins que son motif officiel une attestation (24%), le fait de voir en face-à-face des membres de sa famille chez eux ou à leur domicile (23%) ou des proches/amis/connaissances (20%) chez soi ou à leur domicile.

L’intention de transgresser les règles de confinement

37% des Français ont déjà ou ont l’intention d’utiliser à d’autres fins que son motif officiel une attestation (dont 24% l’ont déjà fait).

Concernant l’envie de voir des membres de sa famille chez soi ou à leur domicile, 39% y ont déjà songé et 23% l’ont déjà fait.

De même que pour les proches/amis/connaissances, 36% sont tentés de transgresser les règles et 20% l’ont déjà fait.

Le point de vue de François Kraus, directeur du pôle Politique et Actualité à l’Ifop

Au regard des résultats, on observe que les Français risquent d’avoir plus de mal à vivre ce second confinement, notamment en raison d’un risque de saisonnalité, dans la mesure où, on le sait, les dépressions saisonnières se manifestent classiquement en novembre, période où la rarification des relations sociales ou la baisse des températures, augmentent les états anxieux et dépressifs.

Dans un contexte où s’ajoute également l’inquiétude liée au sentiment d’une crise sans fin, tous ces éléments d’anxiété et d’incertitude favorisent une usure psychologique générale qui affecte en particulier les personnes déjà fragilisées avant le confinement pour des raisons diverses et variées. La proportion de personnes admettant une dépression ou un mauvais état psychologique, a atteint des sommets et l’annonce du reconfinement et du couvre-feu a eu un impact non négligeable notamment chez les femmes qui généralement sont plus sujettes au période de stress, d’anxiété ou de troubles du sommeil.

On le sait, ces troubles psychologiques sont étroitement liés au niveau d’isolement : plus on est isolé socialement, plus on est fragile sur le plan psychologique. Or le niveau d’isolement social des Français n’a jamais été aussi élevé. Ce qui peut être particulièrement préoccupant pour les personnes âgées ou les personnes isolées sur le plan social.

D’autre part, 4 Français sur 10 vont affronter ce second confinement à deux. Même si une part non négligeable d’entre eux aura un partenaire sexuel régulier ou occasionnel, constituant une soupape de sécurité affective non négligeable mais également une source de transgression des règles et mesures de confinement : la majorité des personnes seules mais disposant d’un partenaire, déclare qu’elles ont l’intention de transgresser le confinement pour rejoindre leur moitié, notamment les hommes et les jeunes.

(*) Enquête menée auprès d’un échantillon représentatif de 2 030 Français âgés de 18 ans et plus (dont un sous-échantillon de 1 094 salariés), par questionnaire auto-administré en ligne du 4 au 5 novembre 2020.

SOURCE : Consolab


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