Le Nutri-Score change-t-il les habitudes d’achats des Français ?


28/02/2020 - 4 mn Nutriscore

Le Nutri-Score change-t-il les habitudes d’achats des Français ?
Face aux exigences croissantes des Français sur la transparence et l’engagement des marques, le Nutri-Score, cette étiquette qui note la qualité nutritionnelle des produits alimentaires de A à E, a été déployé en France à partir de 2017 et s’est petit à petit démocratisé sur les emballages. Afin de comprendre quels clients sont les plus sensibles au Nutri-Score et de mesurer son impact sur le comportement des Français, relevanC Advertising (1) a analysé les tickets de caisse de 1,1 million de clients très réguliers des enseignes Casino (Géant, Casino, Franprix, Monoprix) (2) et a interrogé 12 600 utilisateurs de l’application CasinoMax (3).

6 Français sur 10 déclarent choisir un produit en fonction de son Nutri-Score

83% des français déclarent avoir déjà vu le Nutri-Score sur un produit ou sur la fiche produit d’un site e-commerce. Les jeunes sont les mieux informés : près de 87% des encartés de moins de 35 ans ont déjà vu cet affichage, contre 77% chez les plus âgés (encartés de plus de 55 ans).

Néanmoins, notoriété n’est pas forcément à associer à utilisation et prise en compte lors des achats. En effet, 64% des Français déclarent choisir un produit plutôt qu’un autre en fonction de son Nutri-Score, mais seulement 59% des moins de 35 ans déclarent le faire très régulièrement ou régulièrement, contre 74% pour les plus de 55 ans.

Le défi sur le Nutri-Score est donc différent selon les populations : augmenter la notoriété auprès des plus âgés et faire de la pédagogie auprès des plus jeunes.

Les produits mal notés encore majoritaires

Sur les catégories où le Nutri-Score s’applique, près de la moitié des ventes (46%) est réalisée par les produits ayant une mauvaise note (D ou E) contre un tiers du CA qui est réalisé par les produits bien notés (A ou B). Quant aux produits C, ils réalisent 20% des ventes. Une part de marché étroitement liée à l’offre puisque les produits mal notés sont aujourd’hui majoritairement présents (43% de l’offre).

Les Français sur-consommateurs de produits D et E sont principalement des jeunes adultes (indice 119) et des familles (indice 110). Ces clients résident principalement dans les petites villes (indice 122), dans le Nord-Ouest (indice 131) et le Nord-Est de la France (indice 127).

Les clients qui privilégient les produits A et B sont des retraités (indice 112) et des séniors (indice 110), qui vivent en région parisienne (indice 123) et dans les moyennes agglomérations (indice 119).

Les produits bien notés rattrapent leur retard et gagnent des parts d’estomacs !

S’ils ne représentent qu’un tiers du chiffre d’affaires, les produits bien notés sont néanmoins ceux qui bénéficient de la meilleure dynamique : +0,8% sur un an. Une tendance logique quant aux nombreux efforts des industriels pour améliorer la qualité de leur recette et aux nombreux lancements de produits réduits en sucre ou en matière grasse.

En parallèle, les ventes des produits mal notés stagnent par rapport à l’année dernière. Mais ce chiffre est à nuancer, car même si les produits D sont en recul, les produits E sont quant à eux en croissance. Des chiffres qui illustrent bien le comportement paradoxal des consommateurs : s’ils font de plus attention à manger sainement au global, ils ont besoin de pouvoir aussi se faire plaisir et lâcher prise, d’où les bonnes performances des produits « plaisir coupable ».

A noter que certaines catégories de produits structurellement mal notées comme le beurre où les huiles peuvent aussi être associées à une hausse du fait maison et donc une envie de manger plus sainement des Français. La croissance des produits E n’est donc pas systématiquement à associer à des produits « mauvais ».

L’impact du nutri-score est plus marqué sur les catégories les plus transformées

La croissance des produits bien notés (A et B) est particulièrement marquée sur les catégories où les produits sont les plus transformés. Ainsi connaissent une forte croissance les Produits de la Mer (193), le Snacking (140), le Traiteur (117), les Plats Cuisinés et Conserves (109), ou encore les produits surgelés salés (117 pour les légumes / 106 pour les viandes et poissons).

Décriées ces dernières années, ces catégories ont su proposer une offre plus saine et revoir leur recette pour répondre aux attentes de réassurance et de « bien manger ».

Par ailleurs, les catégories qui proposent des produits sains par « essence » comme les compotes du rayon épicerie (118) où les Yaourts natures (124) connaissent aussi des croissances fortes sur les scores A et B.

Infographie Nutri-Score - RelevanC

(1) Filiale du groupe Casino, relevanC est un acteur majeur du marketing digital à la performance, au service des marques et des distributeurs.

(2) Analyse des tickets de caisse de 1,1 million de clients très réguliers des enseignes Casino (Géant, Casino, Franprix, Monoprix) sur 12 mois glissants à fin novembre 2019.

(3) Sondage réalisé auprès de 12 600 utilisateurs de l’application CasinoMax, du 02/12/2019 au 08/12/2019.


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