Etiquetage alimentaire : les pratiques trompeuses des industriels


26/06/2018 - 3 mn

Etiquetage alimentaire : les pratiques trompeuses des industriels
Dans un nouveau rapport accablant, le Bureau européen des Unions de consommateurs (BEUC) dénonce les méthodes trompeuses de l’industrie agro-alimentaire et le manque de règles européennes strictes concernant les mentions pouvant être utilisées sur les étiquettes alimentaires.

Le Bureau européen des Unions de Consommateurs (BEUC) a publié le 14 juin dernier un rapport qui fait état des tactiques trompeuses que les fabricants de l’agro-alimentaire utilisent régulièrement à travers l’Europe. Le rapport (en anglais ici) souligne trois pratiques qui enjolivent la qualité réelle des aliments et boissons :

  • Des produits industriels étiquetés « traditionnels », « artisanal » ;
  • Des boissons et produits laitiers avec peu ou pas de fruits qui mettent en avant des fruits sur l’emballage ;
  • Du pain, des biscuits, des pâtes, etc. avec très peu voire pas de fibres, étiquetés « complet » ou « multi-céréales ».

Le problème vient principalement d’un manque de règles européennes qui définiraient dans quels cas les fabricants peuvent utilisent ces termes. Le BEUC a formulé des recommandations à l’intention des institutions européennes pour rendre les étiquettes alimentaires plus honnêtes.

Dix organisations de consommateurs, membres du BEUC, ont repéré ces pratiques trompeuses [1]. Les trois catégories de tromperies mises en avant dans ce rapport ne sont potentiellement que la partie émergée de l’iceberg.

Monique Goyens, Directrice générale du BEUC, a déclaré :

« Le consommateur ne peut pas s’imaginer que dans une boisson « Ananas - coco » ces fruits ne représentent même pas un tiers du produit. Ou que de la chapelure étiquetée « recette de grandmère » contienne des ingrédients industriels. Ce sont pourtant des pratiques trompeuses d’étiquetage que les organisations de consommateurs ont repéré à maintes reprises en Europe. »

« Des enquêtes en Allemagne et aux Pays-Bas montrent que plus de 80 % des consommateurs ne font pas confiance aux étiquettes alimentaires [2], et notre rapport montre qu’ils ont raison. Des organisations de consommateurs ont fait pression sur des fabricants pour rendre leurs emballages plus honnêtes. Mais les institutions européennes et les États membres doivent aussi assumer leurs responsabilités. »

« La loi européenne est très claire. L’étiquetage et l’emballage alimentaires « ne doivent pas induire le consommateur en erreur » [3]. Des fabricants profitent de certains flous juridiques pour faire apparaître leurs produits comme étant de meilleure qualité qu’ils ne le sont réellement. Il est urgent que les institutions européennes concoctent une recette pour mettre fin à ces pratiques trompeuses et que les Etats membres s’assurent que les fabricants les respectent. »

Le BEUC demande donc :

  • Des définitions européennes des termes communément utilisés sur les étiquettes, tels que « artisanal », « traditionnel » ou « naturel » ;
  • Des seuils minimums de céréales complètes pour pouvoir utiliser les allégations comme « complet » et « multi-céréales » ;
  • Des seuils minimums pour les produits qui soulignent sur l’avant de l’emballage certains ingrédients tels que les fruits ;
  • L’indication sur l’avant de l’emballage du pourcentage des ingrédients mis en avant (tels que les fruits).

[1] Les exemples sont repris dans l’annexe au rapport. Les organisations participantes sont : Altroconsumo (Italie), CLCV & UFC-Que Choisir (France), Consumentenbond (Pays-Bas), dTest (République Tchèque), Forbrukerrådet (Norvège), Fédération Romande des Consommateurs (Suisse), OCU (Espagne), Test Achats/Test Aankoop (Belgique), ZPS (Slovénie).

[2] Des enquêtes menées par nos membres ont révélé 85% de méfiance aux Pays-Bas (Consumentenbond) et 84% en Allemagne (vzbv).

[3] Article 16 du Règlement (EC) No 178/2002

SOURCE : BEUC

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