Déconfinement et food : quelles nouvelles habitudes vont perdurer ?


11/05/2020 - 6 mn Habitudes alimentaires Confinement

Déconfinement et food : quelles nouvelles habitudes vont perdurer ?
C'est l'heure du déconfinement ! Les Français vont pouvoir commencer à retrouver un semblant de normalité. Mais qu'en est-il des nouvelles habitudes alimentaires adoptées en confinement ? Place des nouvelles technologies dans les repas confinés ? Organisation de ces derniers ? Folie du home made ? Gourmandise solitaire ou conviviale ? Autant de questionnements sur cet instant si particulier que vivent les Français et qui modifiera peut-être durablement notre façon de nous sustenter...

Fin 2019, Just Eat lançait Datalicious, l’Observatoire des nouveaux modes de restauration [1]. Un premier opus qui révélait qu’en 20 ans, nos habitudes dînatoires avaient profondément évolué. Aujourd’hui, ce n’est pas en deux décennies, mais bien en quelques jours, que notre façon d’appréhender tous nos repas a été chamboulée… Un rapport à la nourriture sur lequel Just Eat a souhaité investiguer avec l’IFOP, une édition spéciale confinement [2].

Pour 1/3 Français, déconfinement rime avec reprise en main, puisqu'ils indiquent qu'ils grignoteront moins. Encore plus sérieux, 15% des Français déclarent qu'ils arrêteront les apéros dinatoires si salvateurs pour certains. Et par manque de temps ou pour préparer au mieux son summer body, 17% des Français stopperont également la préparation de gâteaux et autres gourmandises. Le fait-maison semble avoir fait des adeptes car 19% des Français déclarent qu'ils souhaitent continuer à manger des plats maison !

Le confinement, ce chamboule-tout de notre rapport à la nourriture

Battles de banana bread sur Instagram, explosion des tutos recettes, moules à gâteaux en rupture de stock, rayons pâtes-farine-oeufs (rayer la mention inutile) vidés… Depuis quelques semaines, une majorité de Français mange confinée avec des répercussions indéniables sur leurs habitudes de consommation.


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Dans cette période charnière, premier constat édifiant : 1 français sur 5 profite de cette période pour manger avec ses proches bien plus souvent qu’avant le confinement.

C’est particulièrement le cas des personnes en couple (26 %) ou avec des enfants (27 %) qui en profitent pour redécouvrir des moments en commun. Cette convivialité retrouvée durant le confinement vient à contre-courant des dernières observations réalisées en décembre 2019 sur la prépondérance de nos écrans dans les dîners [1] : à ce moment-là, 1 Français sur 2 déclarait ainsi manger avec son ordinateur… Si les écrans étaient vecteurs de repas solitaires, ils sont au contraire aujourd’hui un vrai lien social, notamment pour les confinés solos, en atteste le boom des apéros visio !

Rester chez soi va-t-il inverser cette tendance grandissante depuis 20 ans de repas solitaires, déconstruits, où chacun mange quand il veut et ce qu’il veut ?

Si se nourrir est (re)devenu un moment de respiration en confinement, préparer ses repas également. près d’1/3 des français déclare prendre bien plus qu’avant des repas entièrement faits maison.

Une nouvelle habitude d’autant plus forte chez les 18-24 ans (42 %) et les confinés avec enfants (39 %).

Manger pour être apaisé, manger en étant engagé

L’expression consacrée “la bouffe c’est la vie” s’empare depuis le 14 mars des réseaux sociaux et des médias. Valeur de refuge, la nourriture apporte aussi un peu de stabilité dans un monde d’incertitudes.

En confinement, près d’ 1/3 des français sont apaisés par la nourriture. elle leur donne de bonnes ondes pour être forts durant cette phase si compliquée !


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Un comportement encore plus fort chez les 18-34 ans (38 %), les femmes (30 % versus 26 % pour les hommes) et les confinés avec enfants (34 %). A contrario, 14 % des Français ont un rapport plus mitigé avec la nourriture pendant le confinement, puisqu’elle est source d’angoisses, et véhicule notamment la peur de grossir. Un chiffre d’autant plus fort chez les femmes (18 % versus 9 % chez les hommes). Moins soupe au lait, 55 % des Français estiment que leur moral n’est pas lié à la food durant ce confinement.

Alors forcément, dans ces temps contrariés, les bonnes habitudes rassurent : 79 % des français en confinement se restaurent à des horaires réguliers et selon le sacro-saint triptyque petit-déjeuner / déjeuner / dîner !

Zoom sur... les habitudes dînatoires des 18-24 ans

Un cas complexe puisqu’ils semblent se partager entre…

  • Ceux qui sont restés seuls ou avec leur conjoint.e (30 %) et qui ont lâché la rampe : 19 % mangent à n’importe quelle heure et 22 % ont rajouté des collations ; 19 % font plus de grignotage qu’avant ; et 50 % attendent impatiemment la réouverture des fast-foods ! Peut-être parce que pour 38 % d’entre eux, la bouffe, c’est la vie (surtout seuls…).

  • Et ceux au contraire qui semblent être rentrés chez leurs parents (60 %) et qui rejoignent les tendances globales du bien manger.

Le confinement renforce aussi le fait d’être engagé dans le choix des produits consommés. en effet, 1/5 des français mangent français pour soutenir les agriculteurs et les petits commerçants de proximité.

Un engagement plus fort pour les personnes en zones rurales (25 %) et les seniors (24 %). 34 % des Français plébiscitent une alimentation saine et équilibrée afin d’être en meilleure santé possible face à ce virus qui rôde ; et ici ce sont les hommes (37 %) qui sont plus préoccupés que les femmes (31 %) par ce besoin de se nourrir raisonnablement. Et c’est la variété qui prime également pour 20 % des Français, car elle leur permet d’éviter la monotonie déjà bien présente dans leur quotidien et les fait voyager à domicile.


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De nouvelles habitudes durables ?

Ces nouveaux cuisiniers néophytes vont-ils continuer dans leur lancée ? Les repas tous autour d’une table et loin des écrans vont-ils redevenir la norme ? Consommera-t-on réellement des produits prioritairement français ?

Tout laisse à penser que les français projettent de maintenir un certain nombre des habitudes prises pendant cette période à l’instar de la préparation de repas maison (1/5 des français).

Une résolution à nouveau plus forte chez les 18-24 ans (28 %) et les confinés avec enfants (24 %).

Enfin, déconfinement rime pour certains avec reprise en main : 1/3 des français indique qu’ils grignoteront moins

Encore plus sérieux, 15 % des Français arrêteront les apéros dînatoires si salvateurs pour certains. Et par manque de temps, ou en objectif de summer body, 17 % des Français stopperont également la préparation de ces jolis gâteaux et pâtisseries qui inondent les réseaux sociaux ces dernières semaines.


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Confinement & nostalgie : quelles spécialités manquent le plus aux français ?

Si les Français comptent rester fidèles à certaines de leurs nouvelles habitudes de confinés, il n’ en reste pas moins que d’être restreints à ce qu’ils savent ou peuvent cuisiner, limite parfois le champs des possibles et certaines spécialités qu’ils avaient l’habitude de se faire livrer leur manquent.

Près de la moitié des français sont en manque de plats français traditionnels ! on a beau avoir tous les talents culinaires du monde, on ne remplacera jamais une bonne brasserie française… suivent derrière les spécialités chinoises à égalité avec les burgers et les pizzas (25 %)

Infographie Datalicious by Just Eat

Infographie Datalicious by Just Eat

[1] Source Datalicious by Just Eat, 1er décembre 2019.

[2] Terrain mené en ligne du 22 au 24 avril 2020 auprès d’un échantillon de 1000 individus nationaux représentatifs de la population française, âgés de 18 ans et plus.

SOURCE : Just Eat


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