Applications alimentaires : la technologie au service de notre assiette


27/01/2020 - 5 mn

Au-delà des réseaux sociaux, on observe un boom des applications. Ces applications sont très récentes, et sont en train de faire bouger les lignes du côté des consommateurs, mais également du côté des industriels : 1 Français sur 4 utilise une application alimentaire actuellement et 76 % des utilisateurs l’utilisent depuis moins de 1 an (*). La plupart de ces applications sont portées par des start-up qui innovent pour accompagner le mangeur connecté. Vers quoi va la tendance ? Que recherchent les Français à travers ces applications ?
Applications alimentaires : la technologie au service de notre assiette

Pour apporter un éclairage sur cette approche technologique, Clément Chevrette, directeur Smart Food Paris (Paris&Co), a tout d’abord dressé un état des lieux de l’écosystème start-up alimentaire / nutrition :

  • Les start-up françaises de la FrenchTech se sont fortement investies dans le domaine de l’alimentation, pour faciliter la vie du consommateur. Sur les 600 start-up intervenant sur la chaîne de valeur du secteur alimentaire recensées en France, la part relative (Nutrition + Food Delivery) doit atteindre 40 %. On compte parmi elles 50 % de services digitaux et 50 % de produits.
  • Désormais, nous avons une application pour chaque moment. Ces applications nous aident à y voir plus clair et nous accompagnent dans nos actes d’achat. Elles font désormais partie du quotidien des Français et les guident dans tout le process d’achat amont/aval. « Les applications nous sont utiles et ne s’inscrivent pas forcément en contradiction avec les notions de plaisir, de praticité et de nutrition. »

Au-delà des applications d’aide à la décision nutritionnelle (ScanUp, Appetia, Foodvisor, Yuka, Siga, Scaneat, Kwalito, FAR, Chef Bambino (vidéo autour du bien manger), le panorama des applications est vaste avec d’autres applications « servicielles » telles que les programmes nutritionnels personnalisés (Lose it!, Maïa Coach, Smart Diet, FeelEat) ou encore les applications de livraison.


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Si la nutrition représente un point important pour les start-up actives dans cet écosystème, la livraison alimentaire – Food Delivery – n’est pas en reste (30 % des start-up accompagnées) : on observe une « explosion des acteurs avec une segmentation de plus en plus forte : il y a Bim Bim Go pour les étudiants, Rapidle ou Dood pour les boulangeries/CHR, Innovorder et Meal Canteen pour les scolaires autour du gaspillage alimentaire. J’évoquerais également la dématérialisation des paiements en titres-restaurants, avec Lunchr par exemple qui est désormais bien déployée. De plus, avec un positionnement approvisionnement local, on observe la start-up Alancienne qui vient de se créer ou encore des start-up plus avancées de type Quitoque (rachetée par Carrefour) qui tentent de trouver des solutions à l’usage unique des contenants ».

Les applications relationnelles se développent également avec des marketplaces ou plates-formes de mise en relation « food » qui proposent une mise en réseau et une constitution de communautés autour du mieux manger : en exemple, nous pouvons citer Chef Bambino ou l’Atelier des Chefs. Comme nous pouvons le voir, il y a une forte dynamique du secteur et une volonté des acteurs « traditionnels » de progresser sur le sujet :

  • L’écosystème évolue très vite pour rendre accessibles les applications à la maison mais également hors domicile, comme dans les magasins. On peut le voir avec l’application Yuka qui a trouvé il y a 6 mois des solutions pour optimiser l’utilisation en magasin.
  • De plus, l’usage initialement très urbain se développe dans les territoires : avec la politique volontariste au niveau national concernant le maillage pour l’accès au réseau Internet et l’arrivée prochaine de la 5G. Il y a une facilité/égalité d’accès à l’information avec une multiplication des possibilités : augmentation de la vitesse à laquelle nous allons avoir accès aux données et un accès à de nouvelles technologies, comme la réalité augmentée.
  • En parallèle, même s’il pourrait être plus important et plus rapide, il y a un engagement réel des distributeurs traditionnels (Carrefour, Leclerc, Casino, Groupe U…) pour tenter des expérimentations avec des start-up.


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C’est indéniable, ces applications nous aident à mieux manger, mais la pratique d’utilisation active est encore balbutiante. Bien qu’en progrès, cela est aussi en lien avec des écarts générationnels et le caractère plutôt urbain du phénomène. Il y a néanmoins de l’engagement, une recherche de la praticité dans l’usage, et une recherche d’expérience utilisateur.

Les applications nous aident à y voir plus clair et nous accompagnent dans nos actes d’achat

Dans ce contexte, l’acte d’achat devient de plus en plus raisonné grâce à des pratiques innovantes en ce qui concerne l’approvisionnement (segment investi par des recherches scientifiques en cours, digitalisation de plus en plus forte de l’amont de la chaîne de valeur, initiatives blockchain portées par de grands ou plus petits acteurs, type IBM, GS1, Connecting Food, Carrefour…), avec le déploiement de certains dispositifs-tests dans plusieurs secteurs. Adoption par les utilisateurs finaux ? L’avenir nous le dira… Le consommateur lui aussi est devenu plus acteur.

Néanmoins, aujourd’hui, aucune de ces applications ne prend en compte tous les critères, mais peut-être allons-nous observer un phénomène de concentration vers la start-up qui permettra de tout faire ! « Est-ce que ce sera Yuka ? Est-ce que ce sera C’est qui le patron qui lance C’est quoi le produit ?… La tendance est en tout cas à l’utilisation de beaucoup plus d’indicateurs : prise en compte de notion d’éthique, du parcours de vie du produit, etc. Ces notions sont devenues très importantes avec les nouvelles générations qui prennent en compte ces nouveaux indicateurs pour bien consommer. »


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Et demain, autour de l’assiette, quelles seront les tendances ?

Poêle intelligente, balance connectée, les possibilités sont infinies et n’ont pas fini de modifier notre façon de manger.

  • Les technologies d’objets connectés en lien avec la consommation alimentaire en sont encore au stade du balbutiement et de « l’évangélisation » du marché. Les innovations portées par des start-up comme Aveine (dans le secteur du vin), la fourchette/cuillère Spün qui compte les calories ingérées à chaque bouchée et vous informe si vous devez manger plus lentement, ou encore de grands noms du secteur (Seb, Vorwerk) sont de plus en plus présentes dans les foyers, mais cela n’est encore que le début de l’histoire.
  • La nourriture personnalisée, autre innovation rupturiste avec des start-up type Bloomizon ou Cuure qui proposent des programmes personnalisés de prise de vitamines (avec utilisation du digital pour faire l’interface directement avec le consommateur). Les offres sont de plus en plus tournées vers l’individu, au plus près de ses goûts, de ses besoins et de son profil physiologique.

Le marché des applications a encore une marge de progression avant d’arriver à maturité et tous les acteurs sont en ordre de marche (industriels, enseignes, associations de consommateurs, apps…).

(*) Etude IFOP ©MeatLabCharal)

SOURCE : MeatLab Charal

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