Aliments ultra-transformés : les Français sont mal informés


05/12/19 Ultra-transformés Aliments

Le nouveau programme National Nutrition Santé (PNNS 4) a inscrit entre autre l’objectif de réduire de 20% la part des Aliments Ultra Transformés (AUT) dans l’alimentation d’ici 2021. Les derniers résultats de l’enquête Nutri-Net Santé [1] justement citée par le PNNS 4 « suggèrent une association entre augmentation de la consommation d'AUT et un sur-risque de mortalité. » Pour autant, les Français sont encore trop peu conscients de ce que sont les AUT, des risques que comportent leur consommation et de leurs effets néfastes sur la santé. Le PNNS 4 va-t-il assez loin ?
Aliments ultra-transformés : les Français sont mal informés

7 Français sur 10 sont mal informés sur les aliments ultra-transformés

C'est le principal enseignement du sondage Ifop pour Siga réalisé par questionnaire auto-administré en ligne du 26 au 27 novembre 2019 auprès d’un échantillon de 1 006 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus.

70% des Français se disent aujourd’hui mal informés (voire pas du tout) sur les « aliments ultra-transformés » (AUT). Un déficit d’information particulièrement élevé, notamment chez les plus jeunes (79% des moins de 25 ans) et les ouvriers (78%).

68% des Français ne sont tout simplement pas informés des effets délétères des aliments ultra-transformés sur la santé (cancer, obésité, dépression, etc.). Parmi les personnes déclarant avoir entendu parler des aliments ultra-transformés,

84% citent les médias comme source d’information… et seulement 12% évoquent un professionnel de santé.

Ultra-délétères : les aliments ultra-transformés à l’origine de sur-risques de cancers, d’obésité…

Les résultats de l’étude de 2018 [2] menée par l’INSERM, l’Inra, et l’Université Paris 13 suggèrent un lien entre consommation d’aliments ultra-transformés et sur-risque de cancer : « une augmentation de 10% de la proportion d’aliments ultratransformés dans le régime alimentaire s’est révélée être associée à une augmentation de plus de 10% des risques de développer un cancer au global et un cancer du sein en particulier. » [3]

Une autre étude [4], pionnière sur les AUT, menée dans les foyers brésiliens entre 2008 et 2009 montraient que les personnes qui consomment le plus d’aliments ultratransformés (40% de la population observée) courent un risque 37% plus élevé de devenir obèses. Une autre étude de 2017 [5], montre qu’ils auraient aussi un risque plus élevé 21% de présenter de l’hypertension artérielle.

Depuis l’apparition du concept d’aliment ultra-transformé (AUT), en 2009 par Pr. Carlos Monteiro [6] au Brésil, introduit en France par Dr. Anthony Fardet, de nombreuses autres études [7] internationales ont mis en évidence les liens entre consommation d’aliments ultra-transformés et pathologies telles que : addiction, autisme, dépression, dyslipidémies, hypertension artérielle, maladie cardiovasculaire, microbiote, mortalité, prise de poids, syndrome de l'intestin irritable, syndrome métabolique.

Les AUT, encore 36% de nos calories par jour ?

C’est ce que révèle une étude de janvier 2018 (Julia et al., 2018) [8] et ce, malgré les preuves scientifiques de leurs effets délétères sur la santé et des caractéristiques peu avenantes. Les AUT sont caractérisés [9] par des calories vides (faible teneur en fibres, protéines, composant bio-protecteurs…), des aliments souvent riches en sucre et matières grasses ; la déstructuration importante de la matrice alimentaire et des ingrédients (pouvant engendrer des matrices friables ou molles) ; un effet hyperglycémiant, enfin, un effet satiétogène réduit. Bien que les caractéristiques des AUT semblent parler d’elles-mêmes, on évalue leur poids dans notre alimentation à 35% [10] des calories assimilées par jour…

Qu’est-ce qu’un aliment ultra-transformé ?

Les AUT intègrent « dans leur formulation l’ajout d’ingrédients et/ou additifs cosmétiques à usage principalement industriel - et ayant subi un procédé de transformation excessif - pour imiter, exacerber, masquer ou restaurer des propriétés sensorielles (arôme, texture, goût et couleur). Il peut aussi s’agir de procédés technologiques très dénaturants (pré-friture, cuisson-extrusion, soufflage…) » précise Dr. Anthony Fardet [11], précurseur sur les AUT en France, Docteur en Nutrition Humaine (HDR), membre du Comité scientifique de Siga. Ces différents ingrédients et/ou additifs sont appelées des marqueurs d’ultra-transformation (MUT), ils sont obtenus soit par synthèse chimique identique au naturel soit par synthèse artificielle ou par combinaison de procédés.

Siga, pionnier en France de l’analyse de l’ultra-transformation des aliments

Aujourd’hui, Siga propose une méthode scientifique d’évaluation du niveau de transformation des aliments. Elle apporte une réponse concrète aux nombreuses études sur le caractère délétère pour la santé de la consommation des aliments ultra-transformés. Son approche nouvelle et globale de l’aliment peut bénéficier à tous les acteurs et parties prenantes de l’alimentation, professionnels de santé mais aussi fabricants et industriels et, enfin, permettre aux consommateurs de mieux choisir les aliments.

La méthode d’évaluation Siga prend en compte trois données essentielles :

  1. le degré de transformation des aliments,
  2. le niveau de risque des additifs (classement entre « absence de risque » ou « substance évaluée à risque »),
  3. les seuils nutritionnels (taux de sel, sucres, matières grasses. Ils ne sont, par exemple, pas en pris en compte dans la classification holistique Nova).

Ces trois piliers de la méthode Siga reposent sur le règlement européen, la documentation technique, les avis et seuils nutritionnels posés par des organismes et institutions parmi les plus reconnus en matière d’alimentation : l’European Food Safety Authority (EFSA), l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (ANSES), l’Organisme Mondial de la Santé (OMS), la Food Standard Agency…

La méthodologie Siga est ainsi la toute première analyse en mesure d’appréhender l’aliment à l’échelle granulaire de l’ingrédient. Un aspect clé pour permet aux industriels, distributeurs de (re)formuler, de sélectionner et de promouvoir les aliments constitutifs d’assortiments au potentiel santé amélioré. La méthodologie Siga est déjà utilisée par des distributeurs précurseurs sur les AUT tels que Franprix ou Biocoop, des industriels tels que Savencia, Marie, Michel et Augustin, ou encore des restaurateurs collectifs, des écoles et des collectivités.

« Avec Siga nous visons à améliorer et promouvoir la qualité des aliments proposés aux consommateurs, en co-construction avec les acteurs de l’alimentaire désireux de proposer une offre préventive plus authentique et donc moins transformée pour les consommateurs » conclut Aris Christodoulou, Président co-fondateur de Siga.

L’indice SIGA guide le consommateur pour mieux manger, mieux vivre

Un score scientifique pour évaluer le niveau de transformation des aliments. Il permet de choisir les aliments les plus simples, les plus naturels, donc les moins transformés. 7 catégories pour orienter les consommateurs.

Les 7 catégories de l'indice SIGA

Siga recommande l’adoption d’un régime alimentaire préventif. Anthony Fardet en a posé les 3 règles très simples [12]. Les 3V, les règles d’Or du régime préventif ou comment démocratiser l’accès à une bonne alimentation :

  • Végétal : 85% vs 15% produits animaux, maximum
  • Vrai : limiter les aliments ultra-transformés (AUT) à 15%
  • Varié : Diversifier son alimentation. Manger bio, local et de saison.

Témoignage d'une diététicienne

« Nous avons utilisé l’indice Siga pour améliorer la qualité des matières premières utilisées à la Cuisine Centrale des Lycées de Toulouse. C’est aujourd’hui, un des critères primordiaux pour la sélection de nos fournisseurs. En tenant compte de nos contraintes techniques et administratives notamment nous avons réussi à diminuer de 5% le nombre d’aliments ultra-transformés dans l’offre proposée aux lycéens » témoigne Virginie Mocorrea, Diététicienne-Nutritionniste de la Cuisine Centrale de Lycées de Toulouse.

« Nous nourrissons chaque jour près de 50 000 bouches, aussi nos choix impactent très sensiblement nos fournisseurs. Dans une relation gagnantgagnant, nous les encourageons à enlever certains additifs cosmétiques pour améliorer le potentiel santé de leurs produits » conclut-elle.

SOURCE : SIGA


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