Alimentation durable : quand les protéines végétales s'invitent à table


13/01/2020 - 3 mn

Selon les termes de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), l’alimentation est durable lorsqu’elle contribue à la sécurité alimentaire et nutritionnelle des habitants d’un pays tout en étant culturellement acceptable, économiquement accessible à tous et ayant un impact limité sur l’environnement. L’objectif est d’assurer les besoins de la population sans compromettre le développement des générations futures...
Alimentation durable : quand les protéines végétales s'invitent à table

Avec le changement climatique, nous avons pris conscience des impacts environnementaux de ce que nous mangeons. En France, le secteur agricole contribue à hauteur de 20% aux émissions de gaz à effet de serre (GES) et l’alimentation représente 20% de notre empreinte carbone totale. Si rien ne change dans nos modes de production et de consommation, le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) met en garde sur la possibilité d’une succession d’événements non maîtrisables conduisant à un scénario cataclysmique qui pourrait entraîner un emballement de la hausse des températures pouvant atteindre 7°C à l’horizon 2100.

En matière de durabilité, nous sommes aujourd’hui loin du compte. Nos choix et comportements alimentaires sont un levier important pour préserver les ressources et l’environnement. Par exemple, à l’échelle du globe, on estime que les pertes et les gaspillages atteignent 30% de la production alimentaire destinée à la consommation humaine. En France, par exemple, cela représente 50kg par an et par personne, en prenant en compte la restauration hors domicile, qui pourraient être épargnés pour diminuer la pression environnementale.

En terme de sécurité nutritionnelle, le constat est aussi inquiétant. La surenchère d’aliments transformés trop gras, salés et sucrés et de boissons de type sodas, ainsi que la consommation excessive, dans les pays de l’OCDE, de produits d’origine animale conduisent à une augmentation significative des maladies chroniques. Enfin, parmi les activités humaines impactant le climat, l’élevage, en particulier l’élevage bovin, est une source significative des émissions de GES.

Pour toutes ces raisons, tant pour la préservation de l’environnement que pour notre santé, une évolution des comportements alimentaires est nécessaire. Nous devons adopter des régimes plus riches en fibres, moins gras et moins salés et qui rééquilibrent notamment la part des produits d’origine animale comme la viande avec les protéines d’origine végétale, telles que les céréales ou les légumineuses. Mais, si l’objectif est clair, s’il a beau faire consensus, la voie est loin d’être tracée parce qu’elle suppose des changements significatifs dans les comportements des consommateurs et qu’elle peut entraîner des modifications profondes dans l’organisation de la production et des filières. Et c’est là qu’interviennent les chercheurs de l’Inra.


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À l’Inra, les scientifiques s’attèlent à dresser le bilan de l’alimentation en France. Qui mange quoi ? En quelle quantité ? Les grandes enquêtes comme l’Inca 2 et Inca 3 ou NutriNet-Santé leur fournissent des données précieuses pour identifier des tendances en fonction de l’âge, du niveau d’études, du revenu...

Par ailleurs, l’Inra réalise un effort tout particulier pour évaluer les impacts sur la santé et l’environnement des régimes actuels. Les sciences humaines, quant à elles, sont mises à contribution pour, entre autres, identifier les représentations, croyances et imaginaires autour des aliments, qui sont autant de verrous à lever afin de réussir cette transition alimentaire accessible à tous. Enfin, les chercheurs de l’Inra examinent les options à portée de main des décideurs pour améliorer l’alimentation et en réduire l’impact carbone. Ils imaginent aussi les produits alimentaires de demain : pâtes aux légumineuses, produits affinés à base de pois, extraits de protéines végétales qui, d’un côté, permettront de réduire notre consommation de viande et de l’autre, proposeront au secteur agricole des débouchés nouveaux et à plus haute valeur ajoutée.

La transition alimentaire qui s’annonce peut certes bousculer nos habitudes alimentaires. Mais, si au lieu d’en faire une contrainte et un sacrifice, celle-ci devenait plutôt l’opportunité de redécouvrir le plaisir de la qualité, de s’ouvrir à de nouveaux aliments et à de nouveaux goûts? Se faire du bien, se faire plaisir tout en protégeant notre planète, quoi de plus savoureux ?

SOURCE : INRAE

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