Alimentation des seniors : halte aux idées reçues !


14/06/2019 - 9 mn Alimentation seniors 

A l’occasion du Salon des Seniors qui s'est déroulé au mois d'avril, Saveurs et Vie - entreprise dédiée à la livraison de repas personnalisés à domicile, pour les personnes âgées ou fragilisées -, a souhaité faire un état des lieux sur les seniors et leur rapport à l’alimentation. Beaucoup d’idées reçues circulent sur la manière de se nourrir lorsqu’on prend de l’âge : on devrait manger moins, plus léger, ne faire qu’une collation le soir… Autant de contre-vérités qui doivent être démenties, tant les conséquences de ces idées fausses sont lourdes.
Alimentation des seniors : halte aux idées reçues !

Ainsi l'enquête (*) récente menée par Opinon Way pour Saveurs et Vie démontre entre autres que 38% des seniors sautent des repas, que 31% des seniors estiment qu’il faut manger moins en vieillissant, notamment le soir et que euls 26% des seniors estiment que bien manger, c’est avant tout prendre 3 repas par jour, alors que c’est primordial pour se maintenir en bonne santé.

Autant d’idées reçues qui s’avèrent dangereuses pour le bien-être des personnes âgées. La réalité est que 30 à 50% des personnes âgées souffrent de malnutrition protéino-énergétique, de carences en micronutriments. Et c’est 30 à 70% des personnes âgées en maisons de retraite qui souffrent de dénutrition. Un vrai problème de santé publique en France.

Les seniors et l'alimentation : infographie Saveurs et Vie

Pour pallier cela, Saveurs et Vie propose des repas fondés sur le plaisir, tenant compte des textures, des couleurs et des saveurs, tout en respectant le cahier des charges très précis de l’alimentation des seniors, grâce à l’intervention des diététiciennes.

Même si la notion de plaisir reste importante, les séniors associent davantage l’alimentation à une habitude et sont plus réguliers dans leurs repas

Les Français associent avant tout manger à la notion de plaisir (67%). Les séniors ne font pas exception (62% des personnes âgées de 65 ans et plus), mais ils sont plus nombreux à associer le fait de manger à l’habitude (34% contre 26% pour l’ensemble des Français). Toutefois, habitude ne signifie pas nécessairement corvée, puisque seuls 3% des séniors associent la prise des repas à une contrainte.

  • Même si une majorité des personnes âgées de 65 ans et plus associent manger au plaisir, ils le font beaucoup moins que les personnes âgées de 50 à 64 ans, qui sont celles qui associent le plus les repas à l’idée de plaisir (71%).
  • Les plus jeunes, qui savent peut-être moins cuisiner ou ont moins les moyens de consommer des aliments de qualité ou d’aller au restaurant, sont également moins nombreux à associer l’alimentation à la notion de plaisir (61% des personnes âgées de 18 à 24 ans) et l’associent davantage à l’habitude ou la contrainte (respectivement 30% et 6%).

Cette association de la nourriture au plaisir ressort également dans la perception du « bien manger » : pour 50% des Français en général et 48% des séniors, bien manger c’est avant tout « se faire plaisir ».

  • Toutefois, pour les séniors, bien manger c’est également davantage que pour la moyenne manger des produits de saison (55% des personnes âgées de 65 ans et plus contre 46% pour l’ensemble) et des produits frais (51% des séniors contre 48% pour l’ensemble) et également plus marginalement manger des produits locaux (38% des séniors contre 34% pour l’ensemble). En revanche, les séniors sont un peu moins sensibles à la variété des plats que l’ensemble (43% contre 48% pour l’ensemble).
  • Les plus jeunes sont beaucoup plus nombreux à considérer que bien manger c’est manger bio (36% des personnes âgées de 18 à 24 ans contre 16% des personnes âgées de 65 ans et plus).

Les séniors, pour qui manger est davantage associé à une habitude, semblent plus réguliers dans leurs repas et en sautent moins que l’ensemble, quel que soit le motif pour le faire. Lorsque les séniors sautent des repas, le motif le plus fréquent est le manque d’envie de cuisiner (cela arrive à 53% des séniors). L’appétit diminuant avec l’âge, il n’est pas étonnant que le fait de ne pas avoir faim arrive comme deuxième motif pour sauter un repas (cela arrive à 48% des séniors), alors qu’il n’est cité qu’en quatrième position par l’ensemble des Français. Le manque d’envie de faire les courses vient ensuite, comme pour l’ensemble des Français (42% des séniors, 57% pour l’ensemble).

En revanche, sauter un repas car on est trop fatigué pour cuisiner n’arrive qu’en quatrième position chez les séniors (cela arrive à 41% des séniors et à 59% pour l’ensemble), alors qu’il est le deuxième motif pour sauter un repas pour les Français dans leur ensemble : les personnes âgées de 65 ans et plus étant souvent à la retraite, on peut imaginer qu’elles sont en effet moins fatiguées que les autres qui travaillent. Le fait d’être seul est un motif moins fréquent pour sauter un repas, tant au global que pour les séniors (37% pour les séniors, 50% pour l’ensemble). Ne pas savoir cuisiner est peu cité comme motif pour sauter un repas par les séniors (24% contre 42% dans l’ensemble), qui ont de l’expérience et donc sans doute davantage de compétences culinaires. En revanche les plus jeunes âgés de 18 à 24 ans citent beaucoup ce motif pour sauter un repas (73%), car ils sont sans doute plus nombreux à ne pas savoir cuisiner.

  • Ceux qui sautent le plus des repas, pour tout motif, sont les jeunes âgés de 18 à 24 ans : 87% d’entre eux déclarent qu’il leur arrive de sauter des repas car ils n’ont pas envie de cuisiner. Ainsi, plus on avance en âge, moins on saute de repas. Manger étant également davantage synonyme d’habitude avec l’âge, les plus âgés sont donc attachés à leur routine, et à la régularité de leurs repas.

Les Français ont quelques idées reçues sur les bonnes pratiques de nutrition à adopter pour les séniors, mais tous, notamment les plus âgés, ont conscience de l’importance d’une bonne alimentation pour le maintien à domicile des personnes âgées.

Les Français, et les séniors parmi eux, connaissent certaines des recommandations nutritionnelles à destination des séniors. Toutefois, certaines idées reçues perdurent et peuvent conduire à de mauvaises habitudes alimentaires pour les séniors.

  • En premier lieu, les Français, y compris les séniors, soulignent l’importance de boire davantage en vieillissant (54% pour l’ensemble et 53% des séniors). Si les besoins d’hydratation restent les mêmes, la sensation de soif diminue ; Il est donc effectivement important pour les plus âgés de faire attention à rester hydratés.
  • Les Français ont conscience que manger trop gras n’est pas indiqué pour les séniors, et estiment donc qu’il faut manger moins gras avec l’âge (54% dans l’ensemble et 48% des séniors). Ils savent également qu’il faut réduire la consommation de sel en vieillissant (52% pour l’ensemble et 56% des séniors).
  • Près d’un Français sur trois estime qu’avec l’âge il faut moins manger. Les séniors sont même encore plus nombreux à le penser (28% dans l’ensemble et 31% des séniors) Cela vaut surtout pour le dîner : 39% des Français estiment qu’il faut moins manger le soir en vieillissant, et 48% des séniors le pensent également. Or, si la sensation de faim diminue avec l’âge et que l’activité physique est moins importante, les séniors ne doivent pas pour autant réduire drastiquement leur apport calorique et la dénutrition reste un risque important, notamment du fait de la diminution de sensation de faim. Ce phénomène peut d’ailleurs expliquer pourquoi les personnes âgées de 65 ans et plus estiment encore plus que les autres qu’il faut moins manger en vieillissant, puisqu’elles constatent sans doute qu’elles ont moins d’appétit.
  • Enfin, 1 Français sur 5 pense qu’il faut manger moins de viande et de poisson en vieillissant, et d’autant plus les séniors (19% pour l’ensemble et 23% des séniors) alors qu’au contraire, les besoins en protéines augmentent avec l’âge et il est conseillé aux séniors de consommer de la viande ou du poisson 1 à 2 fois par jour afin de préserver leur masse musculaire.

Conscients des difficultés que représentent les tâches quotidiennes pour les personnes âgées qui vivent encore à domicile, les Français considèrent que recevoir de l’aide pour les tâches quotidiennes, dont la préparation des repas, est l’élément le plus important pour permettre le maintien à domicile des personnes âgées (50% pour l’ensemble, et 56% pour les séniors).

  • Toutefois, outre cet élément, les Français dans leur ensemble et les séniors ne perçoivent pas les mêmes éléments comme prioritaires pour le maintien à domicile des personnes âgées : si pour l’ensemble adapter le domicile à la condition physique est le deuxième élément le plus important (48% des Français), pour les séniors le second élément le plus important est de faire de l’exercice (52% des séniors contre 40% pour l’ensemble) et adapter le domicile à la condition physique arrive seulement en troisième position (51% des séniors).
  • Avoir une alimentation équilibrée est également perçu comme plus important pour le maintien à domicile par les séniors que par l’ensemble : 45% contre 36% pour l’ensemble. Avoir accès à un dispositif d’alerte en cas d’urgence est aussi important pour le maintien à domicile, pour les séniors comme pour l’ensemble des Français (42% pour l’ensemble et 45% pour les seniors). En revanche, les séniors sont beaucoup moins convaincus de l’importance de la visite régulière d’un proche ou d’un travailleur social que l’ensemble (18% contre 30%).
  • Les Français âgés de 50 à 64 ans se montrent moins conscients que les personnes âgées de 65 ans et plus de l’importance de l’exercice physique régulier et d’une bonne alimentation pour le maintien à domicile (respectivement 41% et 35% contre respectivement 52% et 45% pour les personnes âgées de 65 ans et plus) : ainsi on observe une prise de conscience à partir de 65 ans vis-à-vis de l’importance de ces éléments.

En conclusion, cette étude révèle quelques grands enseignements

L’alimentation est avant tout synonyme de plaisir pour la majorité des Français et également pour les séniors. « Bien manger » équivaut ainsi principalement à se faire plaisir. Toutefois, avec l’âge, manger devient également davantage synonyme d’habitude.

Les séniors sont plus sensibles que la moyenne à la qualité des aliments qu’ils consomment : pour eux, bien manger est davantage lié à la consommation de produits de saison, frais et locaux.

Les séniors ont moins tendance que la moyenne à sauter des repas : ils sont ainsi attachés à la régularité de leurs repas et à leurs habitudes de vie.

Les Français ont toujours quelques idées reçues sur les pratiques alimentaires adaptées aux séniors : ainsi, beaucoup pensent qu’il faut moins manger, et surtout moins de viande et de poisson lorsque l’on vieillit, alors même que les besoins en protéines sont plus importants en vieillissant. Les séniors ne semblent pas être plus informés que la moyenne de ces besoins spécifiques.

Cependant, les Français se montrent globalement conscients de l’importance d’une bonne alimentation pour maintenir à domicile les personnes âgées le plus longtemps possible. Les séniors sont encore plus conscients de l’importance de cet élément. Ils estiment également qu’une aide aux tâches quotidiennes et notamment la préparation des repas est déterminante pour permettre le maintien à domicile des personnes âgées.

(*) Sondage OpinionWay pour Saveurs et vie réalisée en ligne auprès d’un échantillon de 1054 personnes représentatif de la population française salariée âgée de 18 ans et plus, dont 255 personnes âgées de 65 ans et plus. Echantillon constitué selon la méthode des quotas, au regard des critères de sexe, d’âge, de catégorie socioprofessionnelle et de région de résidence, et interrogé en ligne du 20 au 21 février 2019.

SOURCE : Saveurs et Vie


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